« On dit parfois de mes photos qu'elles sont des objets de méditation. J'en suis reconnaissance et j'ai l'impression d'avoir réussi à faire passer quelque chose d'important », déclare la photographe Herdis Maria Siegert. Herdis, qui a choisi de garder sa nationalité autrichienne bien qu'elle soit née et qu'elle ait grandi en Norvège, vit presque « au bout du monde » sur la petite île de Tjöme, pas très loin du Sandöfjord, dans le sud de la Norvège. Elle a travaillé comme photographe pendant toute sa carrière professionnelle. Elle s'est à présent spécialisée dans le portrait, mais elle photographie aussi la nature avec passion, prenant l'océan et le ciel comme thèmes récurrents. Pour photographier la nature, elle a fait des voyages en Scandinavie, au Portugal et en Grèce et a réalisé des photos pour des livres, des magazines, des expositions et des installations publics. Elle a aussi photographié des sujets sensibles tels que la naissance, la maladie et la mort dans des maisons de retraites privées et des institutions publiques. Sur un mur de sa maison, elle a accroché un photo paisible de son père, allongé dans son lit. Beaucoup croient qu'il y est en train de dormir. En fait, c'est une photo de son lit de mort.
 Herdis a fait des études de photographie à l'université technique de Sogn à Oslo. Elle a ensuite été photographe de presse pendant dix ans. Au début des années 80, elle a abandonné son travail fixe pour se lancer dans la photographie freelance à plein temps. En plus de ses photos personnelles, elle en réalise aussi pour des couvertures de CD et de livres. C'est aussi elle qui a pris les photos de la couverture du CD de l'artiste norvégienne Kari Bremne « Norwegian Mood » et du livre de Gro Nylander « First Time Mom ».
Herdis a exposé beaucoup de ses photos en Norvège, entre autres, à la Fotogalleriet d'Oslo. Elle a également participé à des expositions communes en Scandinavie, aux États-Unis, au Japon, en Islande, en Allemagne et en Inde. En 2001, elle a reçu le premier prix de « Visuelt 2001 » qui récompense la meilleure couverture de livre en Norvège et l'année dernière, elle a remporté le Prix de photographie norvégien, un grand honneur. Herdis adore photographier tout ce qui vit, les gens, la nature et les plantes. En février, elle a réalisé son dix-septième voyage aux îles Lofoten pour photographier et pour enseigner. « On trouve sur ce groupe d'îles situé au nord du cercle polaire un paysage dont je ne me lasse jamais. En mai, j'y dirigerai aussi un atelier dont le thème principal sera l'art de voir : les êtres humains et le paysage », raconte Herdis. | |  Elle est allée il y a plusieurs années à Venise. Elle y a photographié pendant six jours du lever du jour à la tombée de la nuit. Ses photos de Venise n'ont rien à voir avec les photos de carte postale normales. Elles représentent bien des gondoles, des gondoliers et de l'eau, mais ce sont des photos simples, claires, construites avec peu d'éléments comme la ligne stricte de la gondole sur la surface calme de l'eau, toutes composées dans le format carré. Les photos de Venise forment, avec celles des îles Lofoten, une série qu'elle appelle « By the Sea » et qu'elle a exposée en 1997 au musée de photographie norvégien, Preus Fotomuseum, à Horten, en Norvège.
 Elle sélectionne actuellement les photos de son tout dernier projet intitulé « Hommage », un hommage varié à la vie et à la nature contenant tous types de sujets, des grandes photos de paysage aux petits gros plans d'usines, toutes en noir et blanc. Ce sera le titre d'un livre et d'une exposition. Sur l'île de Tjömö, il y a une faune riche et des falaises escarpées qui viennent se jeter directement dans la mer du Nord. La maison de Herdis se trouve en bord de mer et constitue à la fois sa maison et son lieu de travail. Elle aime y habiter. Elle a bien l'intention d'y rester. Elle va tous les jours au bord de l'eau pour saluer la mer et pour méditer sur ses expériences. Elle est heureuse d'avoir trouvé sa vocation. « Chaque humain est né avec un don et c'est le devoir de chacun de trouver ce don et de le développer. On trouve le talent dans les petites vocations en herbe. Le reste, ça n'est que du travail, encore du travail. Il n'y a rien qui me rende plus heureuse », déclare-t-elle.
Kerstin Fiedler |